Stephanus art gallery

Collages and photos

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Night (30x43.5cm)

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Berni Stephanus
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  • admin - Tuesday 24 April 2018 16:33
    This is the theme of my series of self-portraits. Except that I need light to take a photo ... It is therefore by superimposing my face on bits of my environment that I try to express it. I feel that with photography, I am closer to myself in respect to my attitude towards my aging. I feel that it has accelerated for some time now, making me lose my nice carefree spirit at least with regard to my state of health. Henceforth, I am alert, especially since the recent stents, scaring of my heart beats until the next test which I hope will reassure me. But I did not become hypochondriac, no, of course. Just a little more cautious.

    Another idea comes to me in relation to this work: and if I tried to permeate my environment, like a fragrant trace on a tree, a grass, a rock? It would be funny if the object in question could see me in turn and keep track of it in his memory. But I dream. And I find comfort there, because I connect with the world that surrounds me and that I walk through regularly without always paying the attention to it which photography does.

    It is at the same time a work of reconciliation with myself. By dint of photographing me, I discover a face that presents itself as a country at once familiar and mysterious and that invites to exploration. I have never scrutinized myself in such a way - no doubt because I felt obscurely that my face was what it was, that there was, in short, not much to see about. Or that it did not deserve such attention, an idea probably caused by narcissistic teenage wounds where I felt not "handsome". Here I am at an age where facial expression replaces the power to play the great seducer, where the skin becomes bark, recounting the passage of time and the aggressions of the climate. But this surface apparently frozen by a sneaky glaciation can still be animated and expressive. When there’s life ... That's why some self-portraits are sad, desperate or clownish. It is in death that everything is frozen - until then we can still enjoy ourselves a little, especially with the dazzling prospects of a biblical longevity.

    What is fun about this is how a collage sheds light on my situation. This image illustrates a peaceful coexistence between peoples and beliefs. Of course, there are those who are attached to material things, like those who serve themselves (in the foreground on the left), but there are also those who keep the light. I feel a great peace watching this picture - despite ruptures and breaks, because everything seems suspended in a moment of harmony. I think of Isaiah 11: 6-9: The wolf will dwell with the lamb, the image of a world without violence, utopia of utopias but which awakens in me a nostalgic feeling. Can we imagine a reconciled world among peoples? No, of course. But one can sometimes feel a sense of harmony. And my photos try to create a harmonious bond between my own picture and my environment.

    Dans la nuit éternelle sans retour

    C’est bien le thème de ma série d’autoportraits. Sauf qu’il me faut de la lumière pour photographier… C’est donc en superposant mon visage à des morceaux de mon environnement que j’essaie de l’exprimer. J’ai l’impression qu’avec la photo, je suis au plus près de moi-même en ce qui concerne mon attitude envers mon vieillissement. J’ai l’impression que celui-ci s’accélère depuis quelque temps, me faisant perdre ma belle insouciance, du moins en ce qui concerne mon état de santé. Dorénavant, je suis en alerte, surtout depuis la pose récente de trois stents censés refaire la circulation dans mon artère coronaire. Depuis, me voilà guettant mes chamades cardiaques jusqu’au prochain test qui, je l’espère, me rassurera. Mais je ne suis pas devenu hypochondriaque, non, bien sûr. Juste un peu plus prudent.

    Une autre idée me vient par rapport à ce travail : et si je tentais d’imprégner mon environnement, comme une trace odorante sur un arbre, une herbe, un rocher ? Ce serait drôle si l’objet en question pouvait me voir à son tour et en garder la trace dans sa mémoire. Mais je rêve. Et j’y trouve un réconfort, car je me relie au monde qui m’entoure et que je parcours régulièrement sans toujours y prêter l’attention à laquelle m’astreint la photo.

    C’est en même temps un travail de réconciliation avec moi-même. A force de me photographier, je découvre un visage qui se présente comme une contrée à la fois familière et mystérieuse et qui invite à l’exploration. Je ne me suis jamais encore scruté de telle manière – sans doute parce que j’estimais obscurément que mon visage était ce qu’il était, qu’il n’y avait en somme pas grand-chose à y voir. Ou encore, qu’il ne méritait pas une telle attention, idée sans doute causée par des blessures narcissiques adolescentes où je ne me trouvais pas « beau ». Me voilà arrivé à un âge où l’expression faciale remplace le pouvoir de jouer au grand séducteur, où la peau devient écorce, racontant le passage du temps et les agressions du climat. Mais cette surface apparemment figée par une glaciation sournoise peut cependant encore s’animer et exprimer quelque chose. Tant qu’il y a de la vie… Voilà pourquoi certains autoportraits sont tristes, désespérés ou clownesques. C’est dans la mort que tout se fige – jusque-là on peut s’amuser encore un peu, surtout avec les mirobolantes prospectives d’une longévité biblique.

    Ce qui est amusant à ce propos, c’est comment un collage vient éclairer ma situation. Cette image illustre une coexistence paisible entre peuples et croyances. Bien sûr il y a ceux qui sont attachés aux choses matérielles, comme ceux qui se servent (au premier plan à gauche), mais il y a aussi ceux qui gardent la lumière. J’éprouve une grande paix en regardant cette image – malgré les ruptures, les cassures, parce que tout semble suspendu en un moment d’harmonie. Je pense à Esaïe 11, 6-9 où il est dit que le loup habitera avec l'agneau, image d’un monde sans violence, utopie des utopies, mais qui éveille en moi une certaine nostalgie. Peut-on imaginer un monde réconcilié entre les peuples ? Non, bien sûr. Mais on peut éprouver par moments un sentiment d’harmonie. Et mes photos tentent de créer un lien harmonieux entre mon image et mon environnement.