Stephanus art gallery

Collages and photos

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  • admin - Tuesday 12 February 2019 17:26
    L’image de l’ange pris dans les ruines m’est venue quasi immédiatement. La tour en feu me fascine, sans que je sache pourquoi. Je soupçonne un souvenir visuel très ancien associé à la guerre et à l’hiver, au froid. Comme d’habitude, c’est mon artiste caché qui s’exprime ici. Un mélange de souvenirs, de lectures, de tableaux vus, de mon histoire personnelle reliée à l’holocaust.
  • admin - Tuesday 5 February 2019 17:28
    L’évasion
    C’est une cascade de pierre qui traverse la tête. Les yeux ne voient plus. Figure grise, sortie d’un vieux magazine qui se dissout dans le paysage urbain comme un souvenir ancien. Que faire dans ce monde ? Heureusement que le rêve demeure. Vite, j’enfourche mon destrier et je m’envole vers d’autres contrées non contaminées par les immeubles et les véhicules de toute sorte. En faisant cette image, je me suis souvenu d’avoir gravi une colline à Naples et d’avoir eu la même sensation, mais aussi dans un cimetière romain. Ce collage est donc tissé d’images contemporaines et de souvenirs, de lectures. La jeune fille sur son âne est tirée des Malheurs de Sophie, mais, pour moi, cette image évoque le saut dans une dimension poétique, hors de notre vie si rétrécie. Mais en la regardant plus longtemps, j’y vois aussi l’image d’une ultime évasion et la décomposition du corps. Comme quoi, l’image ne se donne pas au premier coup d’œil, il faut la lire comme on lit un livre. Et je suis heureux, comme à chaque fois, de découvrir que mon artiste caché est toujours à la commande.
  • admin - Friday 25 January 2019 09:05
    Je ne sais pourquoi je me suis senti déprimé après avoir fini ce collage. J’étais près des larmes. Est-ce parce que j’avais vu, la veille, un documentaire sur ces oiseaux rapaces sur Arte ? Les Oiseaux de Hitchcock dont j’ai revu la fin récemment ? Sans doute un peu, mais cela n’explique pas la tristesse. Essayons une autre approche, plus formelle. La différence entre le dedans, en principe protégé, et le dehors, bien plus sauvage et incarné par les oiseaux. Des forces destructrices sont en train de détruire l’ordre. Ceux qui ont voulu s’échapper ont sans doute emprunté l’escalier pour se retrouver à l’air libre. C’est un cauchemar et je ne souhaite pas que cette image soit prémonitoire. Je préfère qu’elle soit un hommage à Hitchcock. Encore que lui, avec cette foule d’oiseaux faisant le siège d’une maison, a sûrement voulu nous dire quelque chose sur la propension humaine à se mettre en foule pour persécuter un individu.
  • admin - Sunday 20 January 2019 11:14
    Ici encore, la question de la cohérence de l’image s’est posée à moi. C’est le personnage central qui suscite en moi le plus de questions. Que fait-il là ? Une des clés est le corps qui part en fumée derrière lui – un motif qui renvoie à certains autodafés. Le personnage penché exhale, lui, le feu et la fumée vers les gens qui attendent le train, munis de leur drapeau US. La boîte rectangulaire en bois devient lisible : c’est un cercueil, probablement un soldat tombé par ex. en Syrie. Le personnage central – sans doute une femme - car j’ai brouillé les pistes, exprime littéralement sa douleur et tombe dans un immense deuil que l’enfant essaie d’empêcher. Elle tourne le dos au paysage et à ses beautés, elle n’essaie même pas d’amortir sa chute – les gens dehors n’y voient rien, ils ne font que prendre des photos, mettant ainsi de la distance entre eux et la violence du monde.
  • admin - Friday 18 January 2019 22:40
    J’ai voulu faire un collage à la limite de l’amateurisme, qui frise l’incohérence. J’ai eu du mal à le mener au bout, tant les fragments refusaient de s’assembler pour former un tout. Mais à le regarder à distance, il me semble tendre vers une certaine unité. Mais que veut dire ce titre ? J’ai fini par me retrouver un peu dans ce visage composite et la manière de me tenir assis qui me rappelle une photo prise avant mes dix ans. Le couvre-chef et le fameux bonnet du bouffon, les grelots s’étant mués en ballons. Et cela sous le regard moqueur d’une femme qui me regarde. Est-ce une muse ? Reste le fragment montrant trois hommes orientaux au bord de l’eau, formant une sorte de table sur laquelle le personnage va dessiner ou écrire quelque chose. C’est peut-être l’instant où une image ou un texte va se former, une suspension dans le temps, un arrêt avant image. On serait à un moment où on se demande s’il faut continuer, arranger, préciser, enlever ou rajouter. Mais à réflexion, je pense qu’il il ne faut pas le faire ici. Je le laisse tel quel. Peut-être se mettra-t-il à faire sens dès que j’aurai le dos tourné.
  • admin - Thursday 17 January 2019 16:42
    Ici, deux univers cohabitent. Au premier coup d’œil – distrait, comme à l’accoutumé, on perçoit qu’il s’agit des ateliers de couture du tiers monde aux conditions guère supportables chez nous et, sans doute aussi, que le patron est bien de chez nous, de manière indirecte s’entend. Mais une image ne fait guère dans la dentelle, elle juxtapose, c’est tout. Et puis il y a le souvenir de l’atelier de confection appartenant à mon père qui fabriquait, entre autres, les soldes de C&A et qui a fini par fermer dans les années 50 à cause de la concurrence venue d’ailleurs. Ce que j’aime dans cette image, c’est ces différentes strates de lecture, et surtout l’apparent désordre qui y règne malgré une composition rigoureuse en étoile.
  • admin - Thursday 17 January 2019 11:37
    Un thème récurrent chez moi : l’enfant-roi cruel. Je me suis interrogé si j’ai été, moi aussi, un tel petit monstre. Ne trouvant pas trace dans ma mémoire, je me dis que c’est un effet bienfaisant de ma mémoire sélective ou qu’en effet, j’ai plutôt été victime que bourreau, surtout que mon frère remplissait déjà parfaitement ce rôle . Ce n’est qu’à partir de mon adolescence que j’arrive à trouver des traces de divers forfaits peu glorieux. Voilà pour le background personnel. Je trouve cette image bien expressive, à contre-courant des bébés présentés par la pub. La déformation du visage par la rage, l’indifférence par rapport à l’effet produit et aux conséquences de l’acte cruel, la jouissance aveugle, tout cela me semble correspondre à la réalité. Sauf qu’ici, la violence ne s’exerce que sur des jouets – il est vrai que je leur ai donné un peu de vie, à l’instar de l’adulte sur la droite qui provient de mes lectures d’E.T.A. Hoffmann et autres contes de mon enfance.
    Comme dans de nombreux collages de format A3 et plus, le fait d’utiliser une double page magazine induit une dualité entre le côté gauche et droit, comme dans des peintures opposant enfer et paradis, à la différence que l’enfer n’est plus dans les entrailles de la terre, mais bien parmi nous.
  • admin - Wednesday 16 January 2019 10:05
    Sur la cohérence de l’image.
    J’entends par cohérence une logique formelle et de contenu comme pour un film, un clip, une chanson etc. (Le contraire serait le chaos). Il est vrai que cette cohérence a été mise à mal par les mouvements du début du 20e s. Mais il me semble que, souvent, son absence est due à un manque de relecture et de correction comme cela se fait pour un livre par ex. En ce qui me concerne, je me pose toujours la question de la cohérence tout en flirtant avec son contraire. En fait, j’essaie de combiner des éléments qui ont du mal à s’assembler, surtout au niveau spatial. L’effet produit est un langage poétique qui est, cependant, relié au langage que tout le monde utilise. C’est une recherche qui me semble universelle, mais qui exige beaucoup de rigueur. Or le collage peut induire de la paresse, pousser à se satisfaire trop vite du résultat. On m’objectera que je suis mal placé pour prêcher la lenteur, mais je dirai que je compense une plus longue durée d’élaboration par l’intensité avec laquelle je crée et par ma vigilance quant à la cohérence de l’image. Je n’y arrive pas tous les jours, mais j’y travaille image après image. Autrement dit : mes collages ne sont pas toujours à la hauteur de mon ambition car je bute contre mes propres limites, mais pour aboutir à une œuvre cohérente, je me mets tous les jours à ma table de collage pour éprouver ma capacité d’inventer une image nouvelle. C’est ce que fait tout créateur digne de ce nom.
  • admin - Tuesday 15 January 2019 08:59
    C'est de l'humour par rapport au pessimisme ambiant quant à la disparition des espèces. L'hippo est un dernier avatar de la biosphère tout comme ce pape qui ne représente plus rien, tel un dieu qui regarde le désastre qu'est devenu sa création.
  • admin - Monday 14 January 2019 11:32
    J’ai fait plusieurs collages sur le thème de la maladie et des soins médicaux et celui-ci constitue, pour le moment, une sorte de synthèse. De manière générale, la peinture ne s’est que rarement intéressée à la maladie, ni au malade et à ses états d’âme. Et pourtant, quelle mine de sensations et de situations n’avons-nous pas là ! Quand j’étais enfant, lors de certaines fièvres intenses, j’avais des hallucinations comme les figures de la tapisserie qui s’animent ou moi-même m’élevant de mon lit pour flotter sous le plafond et voyant mon lit tout en bas. Dans ma décennie actuelle, j’ai subi une opération qui m’a fait régresser vers un état où je me sentais perdu, démuni, bref comme un enfant.
    Dans cette image, j’ai tenté d’illustrer cet état. Il y a, dans la partie gauche, la manipulation du corps du malade qui semble rétrécir au fur et à mesure des gestes médicaux. Et de l’autre côté, par une ligne de partage qui traverse le corps couché, la partie invisible, ce qui se passe dans la tête du malade : il pense à la mort, à sa compagne éplorée, en regardant par la fenêtre, il perçoit un monde fantastique, inquiétant. Mais tout converge vers sa tête où tout se joue, c’est la partie la plus préservée du malade : son œil voit tout, son cerveau enregistre tout, malgré sa passivité apparente.
    Le plus surprenant est que je me rappelle tout cela, mais que j’ai oublié la chronologie des jours et des heures, ce que j’ai pu dire et faire tel jour, comme si le fait d’être dans une chambre d’hôpital avait fait disparaître le temps au bénéfice des sensations et des sentiments. C’est donc sous une forme métaphorique que resurgissent ces souvenirs, à l’occasion d’une photo vue dans un magazine, pendant l’élaboration de ce collage où l’image apparaît petit à petit dans sa plénitude. Et, comme toujours, je suis surpris, presque dérangé par le résultat final : le geste de l’infirmière est-il brutal ? Est-elle en train de rabattre le linceul ? Le malade est-il vivant ou mort ? La partie en noir et blanc figure-t-elle un enterrement ? A qui appartient ce morceau de chair ocre – au malade ou à la personne qui se penche sur lui ? Et que font les pieds et les jambes en l’air ? Des mystères que je ne veux pas, ne peux pas dissiper. L’image reste une énigme, un rébus pour moi-même et de ce fait me fascine encore et encore.